A qui l’on donne beaucoup, on demandera beaucoup

Vous connaissez certainement ce vieil adage. Pour l’exprimer avec les mots de Jésus : « Tous ceux à qui on a beaucoup donné, on leur demandera beaucoup, et à celui à qui on a beaucoup confié, on demandera encore plus ». Le message est clair : Nous sommes responsables devant Dieu de tout ce que nous avons. Autrement dit, de tout ce qu’Il nous accorde.

Nous avons tendance à penser à ce principe lorsque nous considérons tous les bons cadeaux que nous recevons. Nous devons être des intendants fidèles de notre argent, en reconnaissant que ceux qui ont de l’abondance sont particulièrement responsables de donner avec générosité. Nous devons être des parents fidèles pour nos enfants, se rappelant qu’ils sont d’abord les enfants de Dieu. Nous devons être des pasteurs fidèles, veillant sur tout le troupeau, sachant que nous devrons rendre des comptes au vrai Berger. C’est un principe qui concède à Dieu la souveraineté en ce qui a trait à toutes les bénédictions que nous recevons, et notre responsabilité de nous acquitter fidèlement de notre devoir.

Mais si nous avons tendance à considérer ce principe lorsqu’il s’agit des bonnes choses que nous recevons, qui peut dire qu’il ne s’applique pas tout autant aux choses difficiles ? Après tout, de même que la providence de Dieu dirige le soleil, elle dirige aussi la pluie, et de même qu’elle dirige les moments de rire, elle dirige aussi les moments de pleurs. Si la prospérité vient de Sa main, également la pauvreté, et si la santé peut être Son plan pour nous, la maladie pareillement. Ce n’est pas seulement de Ses bontés dont nous avons la responsabilité d’une fidèle intendance, mais aussi des difficultés. Ces responsabilités nous incombent de la même manière selon Sa volonté.

Ainsi, lorsque nous rencontrons des moments de douleur et de maladie, des moments de chagrin et de perte, des moments de pauvreté et de manque, nous ne devrions pas simplement nous demander : « Comment puis-je supporter cela ? » ou « Comment puis-je m’en sortir ? », bien que ces questions puissent être légitimes. Nous devrions aussi nous demander : « Comment puis-je gérer cette situation ? », « Quel est mon devoir dans cette situation ? », « Qu’est-ce que Dieu veut accomplir à travers cela ? ».

Si Joni Eareckson Tada avait choisi de vivre une vie de découragement plutôt que d’embrasser son handicap comme étant la volonté de Dieu, et comme son ministère particulier auprès du peuple de Dieu ? Et si Susannah Spurgeon s’était apitoyée sur son sort au lieu de laisser son lit devenir son bureau, le moyen par lequel elle envoyait des livres à tant de pasteurs dans le besoin ? Si Amy Carmichael avait laissé la mauvaise santé la forçant à quitter le Japon, mettre fin à sa carrière missionnaire au lieu d’accepter d’être redirigée par Dieu vers une autre mission bien ordonnée pour elle ? Et si Job avait abandonné après la perte de tout ce qui lui était cher ? Si David avait laissé tomber les bras après la mort de son fils ? Et si Paul avait quitté le champ missionnaire après avoir été maltraité la première fois, ou même la deuxième ou la troisième ?

Tous ceux-là, et tant d’autres, ont accepté leur souffrance comme un fidèle engagement d’intendance. Ils l’ont acceptée comme quelque chose de précieux et de significatif et ont compris qu’elle les avait appelés à de nouveaux devoirs, à une nouvelle obéissance, à de nouvelles façons d’être utiles à Dieu. Et nous en avons tous bénéficié. Nous avons plus appris de la manière dont ils ont supporté leurs temps de souffrance que leurs temps de joie, de leurs temps de manque que leurs temps d’abondance, de leurs temps de maladie que leurs temps de santé. Car si nous avons pu apprendre ce qu’ils ont professé croire en des jours ensoleillés, nous avons appris ce qu’ils croient vraiment en des jours de pluie. Et cela a été une bénédiction et une inspiration pour nous tous.

Chacun d’entre eux a fait ce que nous sommes tous appelés à faire – accepter nos peines comme étant conformes à la volonté de Dieu, et transformer cette misère en amour pour les autres et en service pour Dieu. À qui l’on donne beaucoup – même beaucoup de chagrin, de douleur, de souffrance -, on demandera beaucoup. Ce sont là des occasions uniques de servir et de glorifier Dieu.

Cet article a été initialement publié sur Challies. La traduction est publiée ici avec permission.

Tim Challies
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Le père de Tim est originaire de Montréal et sa mère des Cantons-de-l'Est. Tim est un écrivain incontournable de la blogosphère anglophone. Il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages dont plusieurs ont été traduits en français : La foi d’hier pour l’ère d’aujourd’hui (Excelsis, 2011), Faire plus. Mieux. (BLF Edtions, 2017), Théologie visuelle (BLF Edtions, 2017). Il est ancien à Grace Fellowship Church. Lui et sa famille habitent à Toronto.

Published By: Tim Challies

Le père de Tim est originaire de Montréal et sa mère des Cantons-de-l'Est. Tim est un écrivain incontournable de la blogosphère anglophone. Il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages dont plusieurs ont été traduits en français : La foi d’hier pour l’ère d’aujourd’hui (Excelsis, 2011), Faire plus. Mieux. (BLF Edtions, 2017), Théologie visuelle (BLF Edtions, 2017). Il est ancien à Grace Fellowship Church. Lui et sa famille habitent à Toronto.