Concernant les mots «léger» et «momentané» 

Ce sont des mots qui peuvent être énormément encourageants ou énormément décourageants. Quand ils sont dits au mauvais moment et avec la mauvaise attitude, ils peuvent augmenter la douleur, mais quand ils sont dits au bon moment et avec la bonne attitude, ils peuvent être un breuvage froid dans une journée chaude, un baume réconfortant sur une blessure douloureuse. Ce sont les mots, « léger » et « momentané. » Quand l’Apôtre souffrait de manière physique et spirituelle, en parlant de l’être extérieur qui se détériore, il a proclamé que “Car nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure  un poids éternel de gloire.”  Sa souffrance était réelle. Ça lui faisait du tort, et c’était douloureux, c’était lourd, et ça durait longtemps. Et pourtant il ne mentait pas quand il a dit que c’était seulement léger et momentané.

Quand j’étais enfant, j’aidais quelquefois à mon père, un paysagiste, sur ses chantiers.  Il plantait, tandis que je lui apportais les matériaux. Je devais charger la brouette avec des plants ou des tas de terre, et je faisais de mon mieux pour le trimballer. « Tu es capable, » il disait. « Ce n’est pas si loin, et ce n’est pas si lourd. » Et dans un sens, il avait raison – ce n’était pas si loin, et ce n’était pas si lourd. Mais il regardait ça du point de vue d’un homme, tandis que moi je le regardais du point de vue d’un jeune garçon. Il était grand et fort, tandis que j’étais petit et faible. Maintenant que je suis adulte, je serais d’accord que c’est une charge facile et un voyage très court. Mais en ce temps-là ça prenait tout ce que j’avais.

Et je pense que ceci nous aide à comprendre ce que Paul est en train de dire. La tristesse est certainement lourde et difficile dans le moment. Ça exige la force et l’assurance, le courage et la persévérance. Ça ne nous fait aucun bien de minimiser notre douleur et nos souffrances. Nous n’avons pas besoin de souffrir avec les yeux secs et les cœurs impassibles. Nous sommes des chrétiens, non pas des stoïques. Nous sommes les disciples d’un Sauveur qui s’est tenu près de la tombe de son ami et qui a pleuré, un Sauveur qui sait ce que c’est que d’avoir le cœur brisé. Les larmes sont si sacrées, si précieuses, que Dieu promet que ni une seule passera sans être vue ou remarquée.

Mais même si notre souffrance est atroce, elle est aussi légère, et même si elle semble être sans fin, elle est aussi momentanée. Pour comprendre ceci, nous devons engager notre foi et avancer dans le temps – avancer au-delà du temps. Par la foi nous pouvons nous transporter dans l’avenir et voir les gloires du ciel, les siècles sans fin de joie, la plénitude des buts divins. Et maintenant, à partir de ce point de vue changé, nous pouvons regarder en arrière vers notre souffrance. En regardant du présent vers l’avenir, notre souffrance est lourde et longue, mais en regardant en arrière, de l’avenir jusqu’au présent, elle est légère et momentanée. La foi nous permet de voir ceci, de sentir ceci, de croire ceci.

La tristesse la plus profonde sur la terre est légère en comparaison au plus petit plaisir du ciel. C’est une plume opposée à un enclume, un grain de sable opposé à une montagne, une goutte d’eau opposée au grand océan Pacifique. La tristesse de plus longue durée sur la terre est momentanée en comparaison à la joie la plus brève au ciel. C’est une seconde opposée à une année, un pas opposé a un marathon, un toc-toc de l’horloge comparé à tout un ère. C’est la foi qui nous permet de voir ceci et c’est la foi qui nous permet de le croire.

La tristesse la plus profonde sur la terre est légère en comparaison au plus petit plaisir du ciel.

Nous pouvons ne pas juger que les afflictions d’aujourd’hui sont légères et momentanées. Et, en effet, il y a un sens très réel dans lequel elles ne le sont pas. Donc, en portant ces fardeaux et en endurant ces tristesses, en sentant leur douleur et en versant nos larmes, nous fixons nos yeux non pas sur ce qui est visible, mais sur ce que nous ne pouvons pas voir, non pas sur ce jour, mais sur ce jour-là. Et nous disons, avec foi, « Je peux et je vais endurer cette affliction légère, momentanée, qui me prépare pour tout le poids de gloire qui se montrera incomparable. »

Cet article a été initialement publié sur Challies.com. La traduction est publiée ici avec permission.

Tim Challies
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Le père de Tim est originaire de Montréal et sa mère des Cantons-de-l'Est. Tim est un écrivain incontournable de la blogosphère anglophone. Il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages dont plusieurs ont été traduits en français : La foi d’hier pour l’ère d’aujourd’hui (Excelsis, 2011), Faire plus. Mieux. (BLF Edtions, 2017), Théologie visuelle (BLF Edtions, 2017). Il est ancien à Grace Fellowship Church. Lui et sa famille habitent à Toronto.

Published By: Tim Challies

Le père de Tim est originaire de Montréal et sa mère des Cantons-de-l'Est. Tim est un écrivain incontournable de la blogosphère anglophone. Il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages dont plusieurs ont été traduits en français : La foi d’hier pour l’ère d’aujourd’hui (Excelsis, 2011), Faire plus. Mieux. (BLF Edtions, 2017), Théologie visuelle (BLF Edtions, 2017). Il est ancien à Grace Fellowship Church. Lui et sa famille habitent à Toronto.