Vos plans sont trop petits

Toi, suis-moi. 

Voici trois mots puissants qui ont été prononcés au lever du jour sur une plage galiléenne il y a 2000 ans. Ce sont trois mots empreints d’autorité que Jésus a ordonnés à l’apôtre Pierre qui ont tracé la trajectoire de sa vie, même jusqu’au martyre. Ce sont trois mots que Jésus commande à tous les croyants – auparavant et aujourd’hui – lorsqu’il dit « chargez-vous de votre croix et suivez-moi ». Qu’en est-il des croyants du 21e siècle? Prenons-nous autant garde à ces mots?

Lorsque nous planifions nos vies, considérons-nous ce que cela signifie de suivre Jésus dans chaque décision? Et si cela signifiait de vivre à la maison pour être un sage gestionnaire des finances? Ou encore, étudier un sujet qui nous permettra de servir les autres avec une compensation insignifiante? Ou sinon, nous donner à des études ardues pour bâtir une entreprise qui est capable de financer des missions?

Lorsque nous cherchons un époux ou une épouse, lorsque nous décidons comment nous allons élever nos enfants, cherchons-nous fidèlement la direction du Seigneur en nous soumettant à sa direction même si cela veut dire que nous aurons un célibat prolongé, des années de liberté écourtée pour voyager ou poursuivre des buts personnels, ou même pour accueillir un enfant orphelin dans notre maison? Lorsque nous gonflons nos économies de retraite et que nous rêvons de la vie après le travail, considérons-nous les façons dont nous pouvons bénir les autres et continuer à porter la grande commission? 

Alors que les chrétiens sont rapides à dire, « Oui, nous voulons suivre Jésus ! », il est beaucoup trop facile de laisser nos propres plans dicter notre parcours au lieu de s’abandonner à notre Sauveur et de réellement se soumettre à sa direction. Une manière d’expliquer cette réalité est de prendre conscience que nous avons laissé le monde et ses préoccupations pour le « moi » brouiller notre jugement. Cela est sûrement dû au fait que nous comparons nos vies avec les chrétiens qui nous entourent et nous assumons que nous sommes sur la bonne voie parce que nos vies ressemblent à la leur. C’est peut-être même parce que nous craignons le coût personnel de suivre Jésus. Peut-être est-ce un mélange de ces trois raisons. 

Il y a de cela plusieurs années, Dieu a commencé à m’éclairer sur ma propre réticence à suivre Jésus, surtout lorsque cela semblait faire grand obstacle à mes plans, mon confort ainsi que mes préférences. Une année après avoir gradué de l’université et m’être marié, mon mari et moi vivions dans un sous-sol avec une seule chambre, nous partagions une ancienne voiture et nous balancions du mieux que nous pouvions quatre emplois à temps partiel. À ce moment même, Dieu a mis dans le cœur de mon mari le désir de poursuivre des études théologiques et de se donner au ministère à temps plein. 

Après plusieurs conversations, des prières et des larmes remplies de crainte (de mon côté), nous avons quitté nos emplois, remplis un camion U-Haul, et nous avons déménagé à 1000 kilomètres de notre maison, de notre famille ainsi que de notre pays. 

Alors que certaines personnes peuvent voir ceci comme une magnifique aventure, pour moi cela représentait un monde terrifiant chargé d’inconnus : allions-nous trouver d’autres emplois? Les salaires nous suffiraient-ils? Où allions-nous vivre? Quelle église joindrions-nous? Allions-nous nous trouver des amis? Pourrions-nous nous permettre les soins médicaux américains? 

Cette nouvelle saison a également menacé plusieurs attentes que j’avais pour ma propre vie : nous ne verrions pas notre famille souvent, nous n’allions pas acheter une maison de sitôt, et il y avait très peu de chance d’avoir des emplois stables et rémunérateurs – et ce peut-être pour toute la durée de notre vie. Toutefois, c’est là que Jésus nous dirigeait. Comme un Père aimant, comme un bon berger, il était en train de déployer ces grands plans pour ma vie, des plans pour construire son royaume, et non le mien. 

Peut-être que ce que je vous raconte vous rejoint. L’appel à suivre Jésus ne vous a probablement pas coûté votre emploi ou amené à changer de pays, mais il vous a coûté des relations avec la famille et des amis, la popularité au travail, la croissance d’une entreprise, le repos ou les vacances. Pour Pierre, cela lui a coûté sa vie. La bonne nouvelle, c’est que par la grâce de Dieu, les souffrances qui accompagnent l’appel à suivre Jésus ne sont pas vides. 

Même si cette saison de ma vie a été douloureuse, elle a aussi été un délice. À travers celle-ci, Dieu a mis la lumière sur ma confiance mal placée, mon confort et ma joie. Je regarde souvent aux circonstances de ma vie pour y trouver de la satisfaction et de la sécurité. Seulement Christ peut nous donner cela. Quand je cherche toutes ces choses à travers mes circonstances, je me retrouve excessivement anxieuse, craintive et malheureuse. 

Au milieu des attentes non répondues dans ma vie, Dieu m’a montré que la plénitude de la joie était dans Sa présence et non pas dans la proximité que je pouvais avoir avec ma famille, des emplois stables, un compte d’épargnes confortable, l’acquisition d’une maison, un mariage heureux, ou une retraite confortable : « Tu me feras connaître le sentier de la vie ; il y a d’abondantes joies devant ta face, Des délices éternelles à ta droite » (Psaume 16.11). Alors que je découvrais ses plans pour ma vie, il m’a comblé de manière que mes plans n’auraient jamais pu. 

Dieu, dans sa bonté, peut nous donner ce que notre cœur désire de manière généreuse. Et s’il le fait, nous devrions nous réjouir et être reconnaissants! Cependant, nous devons aussi apprendre que la plénitude de la joie n’est trouvée que dans l’obéissance à notre Seigneur – que cela soit de travailler fidèlement dans un emploi confortable pendant 35 ans ou de rencontrer la mort hâtive dans une vie dévouée au ministère. 

Jésus ne veut pas combler tous les plans que nous avons pour nous-mêmes. Il nous appelle à une vie d’obéissance remplie de joie – un chemin meilleur et non un chemin facile. Son chemin est marqué d’inconnus, de sacrifice de soi et parfois de rêves brisés. Ses voies nous appellent à abandonner les choses sur lesquelles nous nous reposons pour le confort et la protection, et il nous appelle à choisir de le faire confiance comme le bon berger. 

Lorsque nous entendons les paroles de Jésus « suis-moi » et que nous répondons avec foi et obéissance, nous nous retrouverons à marcher dans des chemins de joie et de peine plus profonds que nous aurions pu imaginer. Cependant, ces voies sont marquées d’une plus grande beauté, d’accomplissement et de sens que nos plans bien calculés de confort et d’aise. En vérité, nous plans sont beaucoup trop petits. 

Alors que nous entendons l’appel de Jésus à le suivre, nous devrions aussi nous rappeler de ce qu’il nous a promis : « Jésus répondit: Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle. Plusieurs des premiers seront les derniers, et plusieurs des derniers seront les premiers. » (Marc 10.29-31)

Que nous puissions nous contenter de le suivre dans la confiance et l’obéissance, croyant que sa bonté et sa miséricorde nous accompagneront sûrement.


Cet article a été initialement publié sur The Gospel Coalition Canada. La traduction est publiée ici avec permission.

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Courtney Vera est une conseillère biblique et une expatriée canadienne qui vit à Beaumont, en Californie, avec son mari et ses deux filles.