Une histoire de Jésus très troublante

Je vais vous raconter une histoire de Jésus très perturbante. C’est l’une des histoires qui nous remplit le plus d’effroi.

Un jour, Jésus se promenait le long du rivage de la mer de Galilée. Il rencontra deux frères qui travaillaient comme pêcheurs professionnels. Ils s’appelaient Pierre et André. Jésus les appela et leur dit : « Suivez-moi et je ferai de vous des pêcheurs d’hommes et de femmes. » Ils ont laissé leur travail et ont suivi Jésus. (Marc 1.16-20)

Pourquoi cette histoire est-elle si troublante ? Parce qu’elle implique clairement que chaque disciple de Jésus est appelé à être un « pêcheur d’hommes et de femmes ». Que ce soit à grande ou à petite échelle, le Dieu trinitaire veut utiliser chaque chrétien ordinaire pour l’évangélisation. Et franchement, pour beaucoup de chrétiens canadiens, ça leur fait peur.

Si vous faites partie des quelques privilégiés qui trouvent facile et naturel de parler de Jésus à tous les non-chrétiens, remerciez le Dieu trinitaire, continuez à parler de Jésus et priez pour les autres ! Pour tous ceux qui sont remplis d’effroi à cette pensée, d’une poule mouillée à une autre, considérez ces dix suggestions qui, je l’espère, vous aideront.

Tout d’abord, soyez honnête devant Dieu : pour vous, le fait de parler de Jésus à une autre personne vous fait très peur. 

N’attendez pas d’être assez fort et pieux pour prier à ce sujet. Commencez là où vous en êtes vraiment. Souvenez-vous de l’Évangile ! Jésus savait que vous étiez un pécheur et il est mort pour vous. Il est mort pour vous ayant une meilleure connaissance de vos péchés que vous-mêmes. Sa mort sur la croix pour vous, couvre tous vos péchés, depuis le moment de votre conception jusqu’au moment de votre mort. Le Seigneur sait déjà que vous êtes troublés par ce que Jésus a dit, et que l’idée de l’évangélisation vous effraie. La prière honnête est une vraie prière. La prière malhonnête n’est pas une véritable prière, mais un jeu pour vous ou pour ceux qui vous écoutent.

Venez devant lui honnêtement et racontez les scénarios qui se déroulent dans votre tête et vous causent beaucoup d’anxiété et de culpabilité. Si vous ne savez pas quoi demander, dites-le-lui, puis vous pouvez conclure en disant : « Je remets entre tes mains tout ce que je suis et tout ce que je fais. »

Deuxièmement, dans la prière, soyez honnête devant Dieu en disant que vous pensez que cette idée d’être des « pêcheurs d’hommes et de femmes » est mauvaise parce que vous n’en savez pas assez.

Si le premier point concerne votre anxiété générale, celui-ci concerne votre compétence. Que se passera-t-il s’ils évoquent le problème du mal ? S’ils abordent la question des LGBQT+ ? Et s’ils évoquent l’évolution et la Bible ? Le diable peut rapidement remplir votre esprit d’une douzaine de questions que vous ne pensez pas pouvoir traiter. Commencez par une prière honnête à ce sujet.

Rappelez-vous qui a donné ce commandement. C’est Jésus. Il connaît votre ignorance, vos connaissances et vos compétences bien mieux que vous. Méditez sur l’histoire de Jésus à la fête des noces de Cana (Jean 2.1-12). Nous savons tous que remplir d’eau une jarre en pierre et la transporter sur quelques mètres ne transforme pas l’eau en vin. Jésus opère la transformation et tout ce qu’il demande, c’est que les serviteurs fassent ce qu’il leur dit. Ils l’ont fait, et Jésus a accompli le miracle. De même, il vous demande de partager à son sujet, aussi incompétent que vous soyez. Ayez confiance qu’il peut accomplir le miracle.

Troisièmement, si vous ne vous sentez pas digne de parler de Jésus à quelqu’un, parlez-en au Seigneur.

Imaginez que le Seigneur vous donne une occasion favorable de dire quelque chose sur votre marche avec Jésus à un collègue de travail ou à un voisin. Instantanément, vous pensez : « Je ne peux pas leur dire quelque chose. Ils me connaissent ! Ils sont plus sympathiques, plus gentils, plus intelligents et ont plus de succès que moi. Il n’y a aucun moyen pour moi de leur parler de Jésus. » Une fois de plus, vous devez vous rappeler l’Évangile. Le Seigneur n’a pas « pesé vos mérites » et décidé que vous étiez digne du salut. Rappelez-vous qu’il a pardonné vos offenses et qu’il vous a revêtu de sa justice lorsqu’il vous a déclaré juste devant Dieu. Cette vérité fondamentale s’applique à toutes les personnes que vous rencontrerez, même les meilleures.

Ils ne peuvent s’amender auprès du Dieu trinitaire que par l’œuvre achevée de Jésus sur la croix. Les « mérites » de votre collègue, aussi grands soient-ils, ne sont de loin pas suffisants – il a besoin que le pardon et la justice de Jésus lui soient imputés. Pour reprendre les mots de Spurgeon, vous êtes un mendiant qui dit à un autre mendiant où trouver le don du pain de la vie.

Quatrièmement, dans votre prière et dans votre vie, embrassez l’impossible !

Le fait est qu’il y a une grande part de vérité dans vos émotions et vos doutes. Humainement parlant, il est totalement impossible que vos paroles amènent une autre personne à devenir chrétienne. Seul le Dieu trinitaire peut faire ce travail. Arrêtez de penser que vous le pouvez. Acceptez la vérité que vous ne le pouvez pas – dans le contexte de l’acceptation de la vérité que le Dieu trinitaire amène encore des gens à la foi salvatrice dans le Seigneur Jésus-Christ. L’œuvre est la sienne, et toute la gloire doit lui revenir.

Cinquièmement, commencez par prier pour les personnes par leur nom.

Beaucoup de petits groupes prient pour les malades et ne prient pas pour que quelqu’un parvienne à une foi salvatrice en Jésus. Il peut en être de même pour les services religieux et les réunions du conseil d’administration de votre église.

Beaucoup de gens ont cessé de prier pour que les personnes qu’ils connaissent parviennent au salut par la foi en Jésus. Même lorsqu’ils commencent à prier pour l’évangélisation, les gens se laissent aller à des euphémismes – comme s’ils ne voulaient pas paraître grossiers, incultes ou fondamentalistes.

Heureusement, le Seigneur n’est pas gêné par notre manque de prière. Je ne dis pas cela pour excuser votre hésitation ni la mienne ! La ne première étape clé pour être un « pêcheur d’hommes et de femmes » est de prier pour vos proches, vos voisins et vos collègues de travail. Soyez audacieux et clair, priez : « Seigneur, s’il te plaît, amène « X » au salut par la foi en Jésus-Christ. »

Sixièmement, pensez simplement et naturellement.

Dieu vous utilise tel que vous êtes. « Évangélisation » est un grand mot qui fait peur. Tout comme « apologétique ». Pensez plutôt à partager ou à témoigner. Faites savoir aux gens que vous allez à l’Église ou participez à votre petit groupe. Ne soyez pas gêné de dire que vous priez sur des sujets ou que vous lisez la Bible. Faites savoir aux gens que vous faites cela parce que vous grandissez dans votre confiance en Jésus comme Sauveur et Seigneur.

Si quelqu’un vous parle d’un problème auquel il est confronté, soyez une oreille attentive, « pleurez avec ceux qui pleurent et réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent » (Romains 12.15), mais demandez ensuite si vous pouvez prier pour lui/elle dans vos moments de prière privés. Il n’est pas nécessaire d’être capable d’expliquer la doctrine de la souveraineté divine pour proposer de prier pour un problème auquel est confronté votre ami non chrétien.

Lorsque vous écoutez une conversation sur l’état (désolant) du monde, pensez à dire quelque chose de simple comme ceci : « Je ne sais pas comment je ferais dans la vie, si je n’avais pas la confiance que je peux tout apporter à Jésus dans la prière, et qu’Il ne me laissera jamais ou ne m’abandonnera pas. »

Voilà le problème. La plupart du temps, il n’y a pas de suivi immédiat à votre commentaire. L’autre personne ne demande pas immédiatement à en savoir plus. Mais selon les sages paroles de Greg Koukl, vous ne savez pas, quand vos simples mots sont devenus comme un caillou dans la chaussure de l’autre personne – quelque chose qu’elle continue à ressentir et à ressasser. Ce « caillou dans la chaussure » provoque ensuite une conversation plus longue avec vous, ou un autre chrétien. Demandez au Seigneur de vous donner des occasions de mettre un caillou dans la chaussure de quelqu’un.

Septièmement, rappelez-vous qu’il ne s’agit pas de gagner des arguments, mais de parler à une personne d’une autre Personne, qui aimerait la rencontrer.

En fait, vous devez mourir à toutes les tendances à vouloir gagner chaque discussion qui se présente. Une fois que votre partage est devenu un argument, vous avez déjà perdu. C’est alors un combat d’égos confrontant leur intelligence. Si votre partage se transforme en dispute, il est préférable d’arrêter et même de laisser l’autre personne avoir le « dernier » mot.

Si vous ne pensez pas à cela sur le moment, alors le lendemain, humiliez-vous comme un petit enfant, et excusez-vous d’avoir argumenté. Je ne dis pas que vous devriez cesser de croître dans votre capacité à défendre et à recommander la foi avec douceur et élégance. Vous devriez, et vous le pouvez par Sa grâce.

Je dis que le Seigneur ne vous a pas appelé à argumenter ou à gagner toutes les discussions par votre habileté. Comme à la fin du livre de Job, le Seigneur peut surpasser chaque argument et chaque personne s’il le veut. Il désire se servir de vous pour l’annoncer avec douceur, élégance, clarté et humilité – et Il « gagnera » la personne.

Huitièmement, utilisez la Bible quand vous le pouvez.

Mémorisez quelques bons textes bibliques comme Jean 3.16 ; Romains 3.23-24 ; Éphésiens 2.8-10 ; Matthieu 11.28-30 ; 1 Timothée 1.15 ; 1 Jean 2.2. Si la mémorisation est difficile, écrivez-les dans votre section des notes, ou mettez des signets dans la Bible que vous avez sur votre téléphone, et lisez le texte. N’oubliez pas que le Seigneur utilise sa parole écrite !

Neuvièmement, priez pour des opportunités.

Demandez au Seigneur de vous donner chaque jour une occasion de témoigner de Jésus. Confessez-lui que vous pouvez être désemparé et manquer le moment. Demandez-lui donc de vous aider à reconnaître quand il vous offre une opportunité.

Dixièmement, rappelez-vous que vous n’êtes pas seul.

Si vous ne faites pas partie d’une bonne Église locale où l’on prêche l’Évangile et où l’on croit à la Bible, trouvez-en une et faites-en votre famille spirituelle. Si vous parlez de Jésus et que l’autre personne soulève une question dont vous n’avez pas la réponse, n’ayez pas peur de dire : « C’est une très bonne question, et j’avoue que je ne sais pas comment y répondre. Puis-je amener un ami pour vous rencontrer dans un café ? J’achèterai le café et la pâtisserie, et vous pourrez aborder ces questions avec lui (ou elle) ? Je pense que vous apprécierez cette personne et qu’elle aura une bonne conversation avec vous sur ces questions. »

Ensuite, contactez quelqu’un dans votre Église locale qui, selon vous, pourra bien traiter la question. Enfin, vous avez Jésus avec vous. Méditez sur le fait qu’il vous envoie, mais qu’il ne vous envoie pas seul. Il sera avec vous, et d’autres disciples seront avec vous, dans l’accomplissement de sa grande mission.

Il a dit aux apôtres en tant que groupe : « Allez donc, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28.19-20).


Cet article a été initialement publié sur The Gospel Coalition Canada. La traduction est publiée ici avec permission.

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George a servi dans une église «multi-points» de banlieue et une autre rurale. Il est actuellement le recteur de l'Église du Messie au cœur de la ville d'Ottawa. Il a été président d'Essentiels Canada et président fondateur de sa dénomination (ANiC). Il est actuellement président du groupe de travail ANiC pour rendre l'ANiC plus profondément biblique à tous les niveaux. Il est le directeur du séminaire de Ryle. Il est le président de l'équipe de direction des serviteurs de Dig & Delve qui organise une conférence annuelle d'apologétique à Ottawa. Il s'adresse également régulièrement sur la Colline du Parlement à la communauté chrétienne de la Colline du Parlement. Il a la chance d'être marié à Louise depuis 1981. Ils ont 9 enfants et beaucoup de beaux-fils et de belles-filles et petits-enfants. George est un membre original du conseil de TGC Canada. Vous pouvez le joindre personnellement à [email protected]

Published By: George Sinclair

George a servi dans une église «multi-points» de banlieue et une autre rurale. Il est actuellement le recteur de l'Église du Messie au cœur de la ville d'Ottawa. Il a été président d'Essentiels Canada et président fondateur de sa dénomination (ANiC). Il est actuellement président du groupe de travail ANiC pour rendre l'ANiC plus profondément biblique à tous les niveaux. Il est le directeur du séminaire de Ryle. Il est le président de l'équipe de direction des serviteurs de Dig & Delve qui organise une conférence annuelle d'apologétique à Ottawa. Il s'adresse également régulièrement sur la Colline du Parlement à la communauté chrétienne de la Colline du Parlement. Il a la chance d'être marié à Louise depuis 1981. Ils ont 9 enfants et beaucoup de beaux-fils et de belles-filles et petits-enfants. George est un membre original du conseil de TGC Canada. Vous pouvez le joindre personnellement à [email protected]