Assemblés pour adorer (1) : Introduction

Cet article introduit une courte série sur l’adoration collective. Ces articles seront des formes adaptées de prédications que j’ai données dans le cadre d’une longue série (3 ans) sur la doctrine de l’Église que nous faisons à l’assemblée locale où je suis pasteur. Quelqu’un pourrait se demander si c’est vraiment nécessaire de parler autant de ce sujet. Ma réponse est franche et simple : absolument. Pourquoi ? Pour plusieurs raisons, dont celle-ci : Allez relire toutes les épîtres du Nouveau Testament et trouvez-moi une seule lettre qui n’adresse pas, d’une manière ou d’une autre, la question et l’importance du rassemblement des enfants de Dieu. Le Nouveau Testament est le guide de notre vie chrétienne, et l’un des sujets les plus centraux qui en traverse les pages est justement celui de l’Église.

Certes, à notre époque et dans notre culture individualiste, nous avons rejeté l’importance cruciale du peuple de Dieu, mais la réalité est que l’Église du Christ doit avoir une place centrale dans notre vie. En fait, rejeter le peuple de Dieu – le corps du Christ – équivaut à rejeter la tête, c’est-à-dire le Christ lui-même (Colossiens 1.18). Te réjouiras-tu des mets succulents de la table de l’Époux lors de ses noces, alors que tu méprises son Épouse ? Ne nous trompons pas nous-mêmes par de faux raisonnements : si nous ne voulons pas de l’Épouse, nous n’aurons aucune part avec l’Époux. 

Simplement dit, et bibliquement parlant, il n’y a pas de véritable vie chrétienne sans église locale, au même titre qu’il n’y a pas de véritable foi sans œuvres. Ce n’est pas que quelqu’un est sauvé par ses œuvres, mais celles-ci découlent et confirment sa foi (Jacques 2.18). De même, quelqu’un n’est pas chrétien à cause que l’Église locale est centrale dans sa vie, mais s’il vit réellement la vie chrétienne, l’église locale sera centrale dans sa vie. 

Pourquoi se rassembler chaque semaine ?

Frères et sœurs, pourquoi nous rassemblons-nous ? Pourquoi prendre la peine de tous se réunir entre 9 h et 12 h les dimanches pour chanter, lire, écouter la Bible, prier et avoir des moments de silence ? Pourquoi écouter un homme prêcher ? Pourquoi faisons-nous ce que nous faisons lorsqu’on se rassemble officiellement, que ce soit les dimanches matin, les mercredis soir, les mardis après-midi ou les jeudis soir ? Pourquoi ne pas simplement étudier la Bible par nous-mêmes et écouter nos groupes de musique préférés ? Pourquoi prendre la peine de se rassembler ? Je crois personnellement que le contexte de confinement obligatoire, qui frappe les églises locales, est un moment très approprié pour se poser ce genre de question sur nos pratiques qui sont souvent simplement des habitudes. 

Mon expérience est que la plupart du temps, la réponse à ces questions serait quelque chose comme : je ne sais pas. Autrement dit, nous investissons du temps à part chaque semaine pour aller à des réunions officielles de notre église locale, mais nous n’avons aucune idée pourquoi on fait cela ! Rendu-là, on n’est vraiment pas très loin d’une religion vide. Le danger qui nous guette constamment est de faire les choses simplement par habitude ou par tradition

Est-ce que la seule raison pour laquelle nous nous réunissons est parce que nous savons que c’est la chose à faire ? Et qu’êtes-vous en train de faire quand vous écoutez votre pasteur prêcher ? Écouter un prédicateur remplir vos têtes d’informations ? Est-ce vraiment-là le but de se réunir et d’écouter ensemble 45 minutes de prédication chaque semaine : une simple séance d’échange d’information cérébrale où l’on s’attend à apprendre ? Ainsi, on se retrouve facilement dans une situation où l’on ne voit plus la nécessité de se réunir pour écouter une prédication qui ne m’apprend pas quelque chose de nouveau. Et pourquoi se réunir pour chanter ensemble ? Pourquoi chanter avec d’autres des chansons qui ne sont pas du tout dans mon style musical ?

C’est parce que Dieu nous appelle et nous ordonne d’adorer collectivement. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Le but de l’article est de répondre à cette question, mais simplement dit, c’est ce que nous sommes censés faire chaque dimanche matin : se réunir pour adorer Dieu ensemble

Lorsqu’on parle d’adoration collective, c’est pour faire contraste avec l’adoration personnelle. Quand tu sers Dieu au travail ou que tu le loues chez toi pendant la semaine, on parle d’adoration personnelle. Lorsque tu sers Dieu avec les membres de l’Église locale ou que tu le loues avec les frères et sœurs réunis, on parle d’adoration collective

Je vous pose une question : croyez-vous que la louange et l’adoration du culte se résument aux différents moments où il y a des chants et des instruments de musique ? En d’autres mots, croyez-vous que l’adoration et la louange collective commencent seulement quand on sort les instruments de musique après le temps de prière, et elles arrêtent quand le prédicateur ouvre la Bible pour prêcher ? 

Cette manière de voir les choses est une distorsion de ce que nous trouvons dans les Écritures. Pour Dieu, l’adoration et la louange collective débutent lorsque les membres commencent à se réunir et à se saluer les uns les autres par de saints baisers, et elles se terminent lorsque les membres se séparent pour retourner chez eux. En d’autres mots, absolument tout dans les réunions officielles de l’Église est un moyen par lequel nous adorons, louons et cherchons Dieu ensemble. Les moments de silence, les prières de la congrégation, les prières pastorales, les chants avec les instruments, l’écoute, les conseils, la mise en pratique des dons, l’offrande monétaire, les témoignages, le Repas du Seigneur, la prédication, la bénédiction finale, etc. : toutes ces choses sont notre adoration. Ainsi, la section musicale est en fait seulement une partie de notre louange. 

Dans le prochain article, nous méditerons, depuis le Psaume 95, le concept même de l’adoration en général, ainsi que celui de l’adoration collective. Et dans ceux qui suivent, Dieu voulant, nous adresserons des facettes spécifiques de cette adoration d’Église, comme la louange musicale et la place de la prédication et de la prière.

Soli Deo Gloria

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Vincent est pasteur principal de Assemblée Chrétienne de Rouyn-Noranda, où il sert depuis 2017. Lui et son épouse Caroline ont deux jeunes garçons.

Published By: Vincent Lemieux

Jacques Boulet (PhD, Université de Toronto) est éditeur de SOLA, ainsi que directeur de Farel | Institut de Théologie Réformée. Ses spécialités académiques sont les langues bibliques et l'Ancien Testament. Il cherche à contribuer à la croissance de l'Église au Québec en enseignant la Parole de Dieu et en enseignant à d'autres à l'enseigner à leur tour. Avec son épouse Paige, il a trois enfants.