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Comment définir la sagesse ? Six auteurs en perspective

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Le thème de la Sagesse occupe une place significative dans les Écritures, tant dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament. Nous n’avons qu’à penser à des livres comme les Proverbes, Job ou l’épître de Jacques pour comprendre que ce sujet mérite d’être étudié attentivement. Comment définir la sagesse ?

Vu la complexité et surtout la variété de définitions proposées par les différents auteurs influents, nous vous proposons six définitions, que nous comprenons comme les différents facettes du concept de la sagesse. Ces définitions doivent être comprises comme complémentaires, présentant différents angles d’un vaste concept qu’est la sagesse biblique. Rappelons-nous surtout que toute sagesse est trouvée en notre Seigneur Jésus-Christ, qui est l’incarnation par excellence de la sagesse biblique et qui est en mesure de nous guider, par son exemple et son Esprit, à vivre par cette même sagesse.

Tremper Longman: les trois volets de la sagesse
Baker Commentary on the Old Testament Wisdom and Psalms

Pour Longman, la sagesse se déploie en trois volets. L’un peut donc être sage de façon pratique, éthique/morale ou théologique. Ces trois notions sont étroitement liées.

Longman définie la sagesse pratique comme la capacité de naviguer la vie en évitant ses pièges et en maximisant le succès. Le succès est alors compris comme l’obtention et le maintien de relations interpersonnelles constructives et édifiantes, maintenir une santé personnelle et travailler d’une telle façon que l’un subvient à ses besoins, voire même devenir riche[1].

Longman définit ensuite la sagesse éthique/morale comme l’attitude et le comportement de celui qui adhère à la loi et la pratique d’une telle façon que son caractère et son comportement sont bénéfique pour la communauté[2].

Finalement, Longman définit la sagesse théologique en l’associant à la crainte de l’Éternel[3] [4]. En se basant sur ses écrits, la crainte de l’Éternel peut être définie comme le fait de révérer avec admiration profonde le Dieu d’Israël. Pour Longman, il n’y a pas de sagesse possible en dehors d’une relation avec Dieu qualifiée par la révérence et l’admiration profonde.

Michael V. Fox: la sagesse comme une force rationnelle
Anchor Yale Bible Commentary, Proverbs 1-9

Pour Fox, la sagesse est une force (power) rationnelle qui équivaut au caractère moral d’un individu. Cette force rationnelle permet à l’un de discerner le bien du mal et lui permet de désirer le bien au-dessus du mal. La sagesse a comme fonction de protéger l’un contre les tentations de ce monde ainsi que contre ses passions, en l’équipant, par les principes de la sagesse, à guider ses désirs vers un comportement qui manifeste un caractère moral juste[5].

Fox mentionne aussi que la sagesse est subtile, flexible et sait s’adapter. Les choix qui s’offrent au sage sont loin du oui/non, bien/mal. Le sage sait ajuster sa réponse aux diverses situations et conditions, qui sont pour la plupart sans direction précise et manquant de clarté. Le sage sait quoi dire/faire au bon moment, en s’adaptant adéquatement aux circonstances, aux personnes concernées et au temps[6].

 

Bruce Waltke: la sagesse comme une maîtrise de la dynamique action-conséquence de la vie
NICOT, The Book of Proverbs, 1-15

Bruce Waltke défini la sagesse biblique extra-proverbes comme une expertise ou une compétence technique/artistique[7]. Dans le cadre du livre des Proverbes, la sagesse est une maîtrise de la dynamique action-résultat de la vie. Cette maîtrise est obtenue par l’expérience et concerne le volet intellectuel, émotionnel et spirituel de l’être humain. Le sage internalise la connaissance, qui produit un changement de caractère, qui se répercute par des actions morales et spirituelles conséquentes avec la connaissance internalisée. Ainsi, le sage applique cette connaissance à sa vie pour bien gérer les difficultés et pour promouvoir son édification personnelle et celle de sa communauté.

Selon David Haines[8], la définition de Waltke s’apparente à la compréhension antique/médiévale de la sagesse, c.-à-d. ce que les philosophes poursuivent. Selon cette conception, l’assimilation de la connaissance de la nature des choses est définie comme l’union immatérielle de celui qui connaît avec ce qui est connu. Cette union produit nécessairement des changements de caractère, des actions  et donc la mise en application des connaissances acquises dans la vie du sage.

Le penseur prémoderne ne faisait pas de distinction entre la connaissance théorique et la connaissance morale. Autrement dit, les croyances d’un individu et ses convictions produisent nécessairement des actions conséquentes avec ces croyances. Autrement dit, c’est du cœur que la bouche parle et que la personne agit. Ainsi, les actions d’un individu dévoilent ses croyances et ses convictions. Dans sa définition, Waltke communique que les connaissances initiales sont autant des connaissances au sujet du monde (physique et spirituelle) que des connaissances morales.

Citant E.W. Heaton, Waltke dit aussi que le fait de posséder la sagesse permet à l’un de faire face à la vie et d’atteindre ce qui serait autrement impossible[9].

 

Roland Murphy: un savoir-faire indissociable de la vertu
Word Biblical Commentary, Proverbs

Murphy n’offre pas de définition explicite de la sagesse dans son commentaire. Toutefois, par ses commentaires sur l’introduction aux Proverbes (1.1-7), nous pouvons repérer certains éléments de réponse qui peuvent nous être utile. Murphy définit la sagesse en 1.2 comme un terme qui vise la pratique, mais inclut une composante de savoir-faire. La sagesse contient des enseignements reçus des parents[10]. Murphy qualifie de révélatrice l’association de sagesse et de crainte de l’Éternel, et mentionne ensuite: “la sagesse mène à la crainte de l’Éternel.”

Murphy, qui cite Gerhard von Rad, mentionne que toute connaissance humaine revient à la question de l’engagement de l’un envers Dieu. Pour Murphy, la littérature de sagesse de la Bible “n’est ni séculière[11], ni profane, ni centrée sur elle-même. Elle est anthropologique et créationnelle, et la pertinence du divin dans ces aspects devrait être clairement évidente.

Citant Michael Fox, Murphy mentionne que la sagesse réfère à tout avertissement/réprimande portant un message éthique et religieux[13]. Pour Murphy il est clair que le chemin de la sagesse implique une vie responsable et vertueuse[14].

Paul Koptak: un apprentissage pour savoir réagir aux situations données
NIV Application Commenraty, Proverbs

Pour Koptak, dans son sens le plus général, la sagesse est l’apprentissage acquis qui aide l’un à savoir quoi faire dans une situation donnée[15]. La sagesse couvre tout aspect de la vie et elle unit croyance et action. Elle nécessite la juste lecture d’une situation, la prise de décision et l’action. Ses objectifs sont de développer le discernement et le caractère ainsi que de prendre de bonnes décisions pour en bénéficier soi-même et en faire bénéficier la communauté[16].

Ernest Lucas: l’habileté de faire face à la vie
Two Horizons Old Testament Commentary

Lucas définit la sagesse de l’AT (en se basant probablement sur Waltke, mais sans le citer) comme l’habileté à faire face à la vie[17].  Toujours en se basant sur Waltke, Lucas explique que la sagesse est l’habileté de conduire sa vie de la meilleure façon possible en y dégageant le meilleur résultat possible.

Comme mentionné plus haut, ces définitions doivent être comprises comme complémentaires, présentant différents angles d’un vaste concept qu’est la sagesse biblique. Rappelons-nous surtout que toute sagesse est trouvée en notre Seigneur Jésus-Christ, qui est l’incarnation par excellence de la sagesse biblique. À lui soit la Gloire !

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[1] Longman, The Fear of the Lord is Wisdom, loc. 417/7873.

[2] Longman, The Fear of the Lord is Wisdom, loc. 506 et 510/7873.

[3] Longman, The Fear of the Lord is Wisdom, loc. 516/7873.

[4] Longman, Proverbs, p.57-58.

[5] Fox, Proverbs 1-9, section nommée Essay 3. Wisdom in the Lectures, p.347-351.

[6] Fox, Proverbs 10-31, section nommée Essay 5 – The Growth of Wisdom, p.928.

[7] Waltke, The Book of Proverbs, 1:76-77.

[8] Tiré d’un entretien écrit avec David Haines, professeur associé d’éthique et d’apologétique, SEMBEQ/FTE-Acadia. Entretien réalisé le 31 décembre 2017.

[9] Waltke, The Book of Proverbs, 1:77.

[10] Murphy, Proverbs (WBC), p.4.

[11] Contra Michael Fox, Proverbs 1-9, p.7-11.

[12] Murphy, Proverbs (WBC), Excursus on Fear of the Lord, p.256.

[13] Murphy, Proverbs (WBC), Excursus on Fear of the Lord, p.257.

[14] Murphy, Proverbs (WBC), Excursus on Fear of the Lord, p.257.

[15] Koptak, Proverbs (NIVAC), loc. 1102/20375.

[16] Koptak, Proverbs (NIVAC), section Designed to Foster Wisdom, loc. 426/20375.

[17] Lucas, Proverbs (THOTC), loc. 174/11346.

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